Ce qu'il faut retenir
- La variété des ancres pèse plus que le nombre de liens : 11 ancres différentes multiplient les visites SEO par 13, contre 4 pour 11 liens entrants (24 millions de pages analysées).
- Un lien doit être un
<a href>présent dans le HTML. Sinon Googlebot ne le suit pas de façon fiable, et les crawlers IA (GPTBot, ClaudeBot, PerplexityBot), qui n’exécutent pas le JavaScript, ne voient pas un lien ajouté après rendu. - Les fiches produits reliées uniquement depuis les pages 2 et suivantes de la pagination génèrent 5,2 fois moins de trafic SEO que les autres, selon une analyse de WebRankInfo.
- Aucune règle des 3 clics chez Google, plus de limite de 100 liens par page, et le nofollow interne ne concentre rien : ces trois idées reçues sont contredites par Google lui-même.
- Les tests A/B donnent les vrais ordres de grandeur : +25 % en liant les sous-catégories depuis les catégories, +5 % en élargissant le footer, -2,8 % avec un bloc de liens mal choisi.
Google écrit qu’il peut se servir du nombre de liens internes reçus par une page et du nombre de liens à suivre pour l’atteindre afin d’inférer son importance relative par rapport au reste du site. Pas un score public, mais deux leviers que tu contrôles entièrement. Sur un catalogue de plusieurs centaines de références, ce sont ces deux leviers qui décident si une fiche produit ou une page catégorie se fait trouver, crawler et prioriser. C’est précisément le terrain de jeu d’un consultant SEO e-commerce : redessiner les liens d’un catalogue avant même de retoucher un mot de contenu.
Ce que Google regarde vraiment dans tes liens internes
Deux signaux mesurables décident si une page de ta boutique compte pour Google : la population de liens qui pointe vers elle, et sa distance en clics depuis l’accueil. À côté de ces deux signaux, Google demande surtout des ancres descriptives : le nofollow interne et les seuils chiffrés relèvent de l’idée reçue.
Un lien doit être un <a href>
Google ne crawle que les vrais éléments HTML <a> munis d’un attribut href. Un <span href="...">, un <a routerLink="..."> ou un lien géré en onclick ne sont pas suivis. Sa documentation e-commerce le répète noir sur blanc : des balises <a href> pour la navigation, jamais d’événements JavaScript sur d’autres éléments du DOM.
Liens reçus et distance depuis l’accueil
Pour une page catégorie comme pour une fiche produit, ces deux signaux sont le nombre de liens à suivre pour l’atteindre et le nombre de liens qui pointent vers elle. John Mueller l’a confirmé après un échange de 2018 sur la structure d’URL : le nombre de slashs ne compte pas, ce qui compte un peu, c’est la facilité à trouver le contenu depuis l’accueil. En 2021, il a précisé que le maillage interne, pas la balise priority du sitemap XML, est le bon outil pour signaler qu’une page compte plus qu’une autre.
Les ordres de grandeur viennent des analyses à grande échelle. My Ranking Metrics a étudié 24 millions de pages sur 8 000 sites en 2024 : les pages situées à 1 à 3 clics de l’accueil reçoivent environ 9 fois plus de visites SEO que celles à 4 clics ou plus.
La variété des ancres pèse plus que le nombre de liens
La même analyse donne un résultat plus surprenant, et plus utile sur un catalogue. Recevoir 11 liens entrants ou plus multiplie les visites SEO par environ 4. Recevoir 11 ancres différentes ou plus les multiplie par 13. Ce n’est donc pas la quantité de liens qui fait la différence, c’est le nombre de formulations distinctes utilisées pour désigner la page.
Sur une boutique, c’est le gisement le plus évident et le moins exploité : les fiches produits sont presque toujours liées avec la même ancre, le nom exact du produit, répété partout. Varier avec l’usage, la matière ou la gamme (« suspension en rotin », « luminaire tressé pour salon ») donne à Google plusieurs angles de compréhension.
L’étude Zyppy, menée sur 23 millions de liens internes et croisée avec Search Console, observe une progression du même ordre jusqu’à un point de bascule : les pages qui reçoivent 40 à 44 liens internes captent environ 4 fois plus de clics que celles qui en reçoivent 0 à 4, mais la tendance s’inverse au-delà d’une cinquantaine. Empiler les liens vers une même page finit par ne plus rien apporter.
Une réserve à connaître avant de te lancer dans une refonte d’ancres : Zyppy a depuis ajouté un avertissement sur ses propres conclusions, en signalant que certains sites à très forte diversité d’ancres semblent avoir souffert de mises à jour récentes. Varier les formulations quand elles décrivent vraiment la page reste sain. Générer mécaniquement des dizaines de variantes autour d’un même produit, beaucoup moins.
Ce que Google n’a jamais confirmé
Quatre idées reçues circulent sur le maillage e-commerce. Google les contredit ou ne les a jamais formulées.
| Idée reçue | Ce que Google a réellement dit | Source |
|---|---|---|
| Règle des 3 clics maximum | Mueller parle de facilité d’accès, jamais d’un seuil chiffré | John Mueller, 2018 |
| Pas plus de 100 liens par page | Consigne retirée des consignes Google à l’été 2010, remplacée par « quelques milliers au plus », puis supprimée. La doc actuelle dit qu’il n’existe « aucun nombre idéal » | Google Search Essentials, 2026 |
| Nofollow interne pour concentrer le jus SEO | « Quand vous faites des liens au sein de votre site, n’utilisez pas nofollow » | Matt Cutts, 2009, confirmé par Mueller en 2022 |
| Le premier lien vers une page compte plus que les suivants | Jamais confirmé pour le calcul du PageRank interne | Aucune source officielle |
Ce que les tests A/B mesurent sur les liens internes
Les tests contrôlés publiés par SearchPilot donnent des repères que la documentation ne donne jamais : un sens, une amplitude et un niveau de confiance.
| Modification testée | Résultat | Contexte |
|---|---|---|
| Boutons vers les sous-catégories en haut des catégories | +25 % de trafic organique | Distributeur alimentaire, 2020 |
| Passer de 2 à 4 articles liés depuis un article de blog | +16 % sur les pages qui émettent les liens, rien sur les pages liées | Blog e-commerce, 2021 |
| Élargir le footer de 30 à plus de 100 liens | +5 % | 2021 |
| Accordéon de catégories ajouté sur des pages magasin | Positif, confiance 95 % | 2026 |
| Carrousel de marques ajouté sur les mêmes pages | -2,8 % | 2026 |
| Remplacer des liens en JavaScript par des liens HTML | Aucun effet mesurable | 2021 |
| Corriger les liens internes qui pointent vers des redirections 301 | Non concluant | 2022 |
Deux enseignements pour un catalogue. D’abord, le bloc de liens doit correspondre à l’intention de la page : sur des pages identiques, un accordéon de catégories a gagné là où un carrousel de marques a perdu. Ensuite, ajouter des liens profite souvent d’abord à la page qui les émet, en la rendant plus pertinente sur son sujet, avant de profiter aux pages liées.
Construire une architecture en niveaux pour ton catalogue
La documentation e-commerce de Google prend justement pour exemple une chaîne de liens qui descend du menu vers les catégories, des catégories vers les sous-catégories, puis des sous-catégories vers toutes les fiches produits. C’est l’architecture pyramidale, appliquée à un catalogue.
Accueil, univers, catégories, sous-catégories, fiches
Accueil
└─ Univers (Éclairage intérieur)
└─ Catégorie (Suspensions)
└─ Sous-catégorie (Suspensions en rotin)
└─ Fiche produit
Chaque niveau doit lier explicitement au niveau du dessous, en HTML classique. Si tes pages catégorie ne contiennent pas de lien direct vers toutes les fiches qu’elles regroupent, Googlebot risque de ne pas toutes les découvrir par le seul crawl : un sitemap XML ou un flux Merchant Center complètent le maillage, ils ne le remplacent jamais.
Calculer la profondeur réelle du catalogue
Prends un catalogue de 2 000 produits affichés sur une seule catégorie plate, à raison de 24 produits par page. Il faut 84 pages de pagination pour tout afficher, et si chaque page ne renvoie qu’à la suivante, la dernière fiche se retrouve à plusieurs dizaines de clics de l’accueil. Répartis ces mêmes 2 000 produits sur 40 sous-catégories de 50 produits en moyenne : chaque sous-catégorie ne compte plus que 3 pages, et n’importe quelle fiche devient accessible en 5 clics au maximum (catégorie, sous-catégorie, page 2, page 3, fiche). Même catalogue, profondeur passée de plusieurs dizaines de clics à cinq.
| Niveau | Rôle | Liens entrants attendus |
|---|---|---|
| Accueil | Distribue vers les univers et les meilleures ventes | Reçoit des liens de tout le site, menu et footer compris |
| Univers / catégorie mère | Regroupe une demande large | Menu principal, fil d’Ariane des pages filles |
| Sous-catégorie | Correspond à une intention de recherche précise | Catégorie mère, menu à demande, liens transversaux |
| Fiche produit | Convertit la visite | Sous-catégorie, fiches croisées, articles de blog, jamais la seule pagination |
Méga-menu : ce que Google a vraiment dit
Sur un cas de méga-menu dépassant 1 000 liens, Mueller a été direct.
En avril 2022, une éditrice lui a demandé sur X si l’ajout d’environ 150 liens à sa navigation globale pouvait expliquer une chute de trafic Discover. Réponse prudente de Mueller, sans analyse du site : il partirait sur un lien « non relié ». Le volume de liens n’est donc pas le sujet principal, la hiérarchie l’est. Quand une page catégorie concentre à elle seule l’essentiel du volume de recherche, elle mérite un accès direct depuis le menu, pas un sous-menu enterré à trois niveaux.
Fil d’Ariane, pagination et footer
Trois briques structurelles complètent l’architecture pyramidale. Chacune a une utilité SEO précise, aucune n’est décorative.
Le fil d’Ariane reste un lien HTML
Google recommande un fil d’Ariane qui représente le parcours type d’un visiteur, pas une copie de la structure d’URL, avec la possibilité d’avoir plusieurs fils différents pour une même page selon le chemin emprunté. Depuis janvier 2025, Google a retiré le fil d’Ariane de l’URL affichée dans les résultats mobiles, il reste visible sur desktop. Son intérêt principal ne change pas pour autant : Mueller a rappelé en 2022 que les données structurées ne remplacent jamais un vrai lien HTML entre les niveaux du site.
Chaque page de pagination doit être crawlable
Chaque page d’une liste de produits doit avoir sa propre URL, liée à la suivante par un <a href> classique, sans fragment # et sans canonical vers la page 1. Google le précise dans sa documentation dédiée à la pagination : ses robots ne cliquent pas sur les boutons et ne déclenchent pas les fonctions JavaScript qui demandent une action de l’utilisateur. Un bouton “Charger plus” sans URL paginée derrière masque tout simplement les produits suivants.
Le footer, un accès de secours plus qu’un levier
Une idée reçue tenace veut que les liens de pied de page comptent moins. Interrogé en mars 2022 sur les liens placés dans un header ou un footer, John Mueller répond l’inverse : « We don’t really differentiate there », et précise que Google ne considère pas que ces liens auraient moins de poids. La distinction qu’il maintient porte sur le texte, pas sur les liens : Google cherche à identifier le contenu principal d’une page pour le classement.
La vraie limite du footer est ailleurs. Un lien présent sur toutes les pages ne hiérarchise rien : il dit à Google que la page existe, pas qu’elle compte plus qu’une autre. Sers-t’en pour rendre accessibles des catégories peu visibles ailleurs, et garde la hiérarchie pour le menu, les catégories et les liens dans le contenu. À noter pour ceux qui redoutent la dilution : élargir un footer de 30 à plus de 100 liens a produit +5 % de trafic dans un test SearchPilot.
Sortir les fiches produits perdues dans la pagination
Sur un gros catalogue, le point faible du maillage se cache souvent dans la pagination : des fiches produits reliées uniquement depuis les pages 2 et suivantes d’une catégorie. Olivier Duffez (WebRankInfo) appelle ces pages des fiches LIP, Lost In Pagination.
Le problème passe souvent inaperçu côté équipe produit : sur la boutique qu’il a mesurée dans Analytics, Duffez relève que 2 % des visiteurs seulement ont vu au moins une page de pagination en deux mois. La pagination masque un défaut de maillage aux yeux de l’équipe produit, pas aux yeux de Googlebot, qui continue de crawler ces pages profondes.
Orit Mutznik, alors responsable SEO de la boutique de mode SilkFred, a raconté le cas sur le blog de Lumar. Avec une pagination en fragments #, un chargement JavaScript côté client et un canonical systématique vers la page 1, seules 31 % des pages du site restaient indexables, avec une profondeur dépassant 50 clics. Après correction (URL paginées crawlables, rendu serveur, canonical auto-référent), l’indexabilité est montée à 99 % et la profondeur maximale à 7 clics, en un an. Elle relève elle-même la limite, reprise de Mueller : passer de trop profond à trop plat ne dit pas non plus à Google quelles pages comptent. Trois leviers permettent d’éviter d’en arriver là : augmenter le nombre de produits par page catégorie, créer des sous-catégories supplémentaires, et ajouter des liens contextuels (blog, blocs croisés) qui pointent directement vers les fiches stratégiques restées en LIP.
Le maillage interne des fiches produits
Une fiche produit bien maillée pointe vers trois destinations minimum : sa catégorie parente, ses catégories complémentaires, et d’autres fiches pertinentes. Jamais uniquement vers une recommandation générée pour le seul visiteur qui la consulte.
Vers la catégorie parente et les catégories sœurs
Le fil d’Ariane assure le lien vers la catégorie parente. Le maillage transversal entre catégories complémentaires (chaussures de trail et chaussettes techniques, par exemple) rapproche des intentions d’achat liées, sans forcer un silo étanche entre elles.
Produits associés pilotés par la donnée
Un bloc “produits associés” recalculé individuellement pour chaque visiteur échappe presque toujours au crawl : Googlebot ne voit qu’une des versions générées, et rien ne garantit que les mêmes liens survivent au rendu d’une visite à l’autre. Ann Smarty le rappelle pour les boutiques Shopify : préfère des blocs statiques pilotés par la donnée, ventes croisées réelles, même gamme, même marge, ce qui reste stable et crawlable, contrairement à une recommandation individualisée.
Injecter des liens en JavaScript reste autorisé par Google, à condition que le HTML final contienne de vrais <a href>. Une expérience d’Onely a mesuré un net ralentissement : le premier lien injecté en JavaScript a été suivi en 52 heures contre 25 heures pour son équivalent HTML, et il a fallu 313 heures contre 36 pour atteindre la septième page d’une chaîne de liens, soit près de 9 fois plus. Le test portait sur 14 pages d’un sous-domaine neuf, en 2022 : Onely précise que Google donne une priorité de rendu plus élevée aux pages populaires. L’ordre de grandeur reste parlant, et le rendu serveur le choix le plus sûr.
Produits en rupture : garder les liens utiles
Tant qu’un produit est en rupture temporaire, sa fiche reste en ligne : garde des liens vers elle et affiche depuis elle des alternatives en <a href>. Pour un produit arrêté, redirige seulement vers un remplaçant clair ; sans équivalent, retire les liens internes qui pointaient vers la fiche.
Le blog au service des catégories
Un article de blog sert le maillage quand ses liens restent sélectifs. Mueller l’a confirmé : les liens depuis des articles vers des fiches produits d’un site e-commerce ne posent en général aucun problème, tant qu’on ne place pas un lien sur chaque mot-clé rencontré. Google conseille d’ailleurs de lier tes meilleures ventes depuis la page d’accueil ou depuis des articles de blog.
Le principe à retenir : peu de liens par article, vers la catégorie ou la fiche la plus pertinente pour le sujet traité, plutôt qu’un lien sur chaque mention de produit. Un guide d’achat qui renvoie vers une catégorie précise lui transmet un signal clair ; le même guide truffé de quinze liens produits n’en transmet aucun.
Cyrus Shepard (Zyppy) a analysé en 2022 23 millions de liens internes sur 1 800 sites, soit environ 520 000 URL : les pages recevant au moins une ancre exacte enregistrent au moins 5 fois plus de clics dans Search Console que les autres. Shepard le présente lui-même comme une corrélation, en avançant une explication alternative : ces pages sont sans doute aussi mieux optimisées sur leur requête cible. Le signal reste cohérent avec la recommandation de Google : une ancre descriptive, concise et pertinente pour la page visée.
Auditer ton maillage interne avec Screaming Frog
L’audit se fait avec un crawler, un export de logs serveur, et Search Console. Six étapes permettent de repérer trois problèmes coûteux : fiches orphelines, fiches invisibles sans JavaScript, catégories mal reliées à leur valeur business réelle.
- Lance un crawl en mode rendu JavaScript, puis un second en texte uniquement (HTML brut). Compare le nombre d‘“Unique Inlinks” par fiche entre les deux : l’écart montre les liens qui n’existent que grâce au JavaScript, invisibles pour les crawlers IA.
- Ouvre l’onglet Crawl Depth et regarde l’histogramme par niveau. Toute fiche à 5 clics ou plus de l’accueil mérite un lien supplémentaire depuis une catégorie ou un article. Attention en lisant les chiffres : Screaming Frog compte chaque redirection comme un niveau de profondeur.
- Lance une Crawl Analysis pour obtenir le Link Score de chaque page, une métrique logarithmique de 0 à 100 que Screaming Frog présente comme un calcul de PageRank interne. Confronte-le au chiffre d’affaires généré par catégorie dans Analytics : si tes meilleures ventes affichent un Link Score faible, ton maillage ne reflète pas tes priorités business.
- Trie les fiches produits par Unique Inlinks croissant. Celles à 1 ou 2 liens entrants sont souvent des fiches LIP, reliées uniquement depuis une page de pagination lointaine.
- Croise le crawl avec ton sitemap XML, Google Analytics et Search Console pour isoler les pages orphelines : connues de ces sources mais reliées par aucun lien interne. Pense à activer les options d’exploration des URL découvertes dans ces sources, sinon les filtres restent vides.
- Sur un catalogue de plusieurs milliers de pages, complète avec les logs serveur : la fréquence de passage de Googlebot par profondeur et par type de page révèle si le crawl se concentre bien sur les catégories et fiches prioritaires.
Maillage interne et crawlers IA
Les principaux crawlers IA n’exécutent pas le JavaScript, contrairement à Googlebot qui le fait en différé. Un lien de navigation ou un bloc de recommandations qui n’existe qu’après un rendu JavaScript reste invisible pour ces robots, même si Google finit, lui, par le crawler.
GPTBot, OAI-SearchBot, ChatGPT-User, ClaudeBot, PerplexityBot, Meta-ExternalAgent et Bytespider ne rendent pas le JavaScript, d’après l’étude Vercel et MERJ publiée en décembre 2024. Seuls Gemini, qui s’appuie sur l’infrastructure de Googlebot, et AppleBot font exception. Sur le mois précédant l’étude, le réseau Vercel a enregistré 569 millions de requêtes GPTBot et 370 millions de requêtes ClaudeBot. Nuance utile : ces robots téléchargent parfois les fichiers JavaScript sans les exécuter, et ce qui se trouve dans le HTML initial reste exploitable par eux.
La distinction compte, parce qu’elle ne va pas dans le même sens des deux côtés. Pour Google, remplacer des liens en JavaScript par des liens HTML n’a produit aucun effet mesurable dans un test SearchPilot de 2021 : il les rend déjà. Pour les robots d’IA, c’est bloquant. Si ta navigation catégories, ton menu ou tes blocs de produits associés n’existent que dans le DOM final généré par du JavaScript, ils leur échappent totalement. Le rendu serveur des liens de navigation devient donc un sujet de visibilité IA autant qu’un sujet SEO classique.
Erreurs de maillage qui coûtent des ventes
Quatre habitudes coûtent des ventes sur un catalogue e-commerce.
Le nofollow interne ne sert à rien
Matt Cutts a expliqué en 2009 ce qui a mis fin au « PageRank sculpting » : depuis un changement d’algorithme antérieur, les liens en nofollow comptent quand même dans le calcul, si bien que les autres liens de la page ne récupèrent rien. Sa recommandation d’alors tient toujours : « whenever you’re linking around within your site: don’t use nofollow ». Mueller l’a redit en 2022 : sur des liens internes, « it makes very little sense ». Seule exception où le nofollow “peut être bénéfique” selon Google : la navigation à facettes, et même là, robots.txt reste la méthode préférée.
Le cocon sémantique plaqué sur un catalogue
Un catalogue a déjà sa taxonomie : marque, usage, matière, gamme de prix. Vouloir le forcer dans un cocon sémantique conçu pour du contenu éditorial crée des pages artificielles et casse la logique d’achat. Une taxonomie pilotée par la demande de recherche réelle, avec le blog en appui plutôt qu’en silo fermé, fonctionne mieux sur un site marchand.
La pagination canonicalisée vers la page 1
Canonicaliser toutes les pages de pagination vers la page 1 va directement à l’encontre de la documentation Google sur la pagination. Les passer en noindex pose un problème proche : Mueller a expliqué qu’un noindex maintenu longtemps finit par faire ignorer les liens de la page. Dans les deux cas, les produits situés au-delà de la première page perdent leur voie d’accès, le problème mesuré chez SilkFred.
Le piège des URL Shopify non canoniques
Sur Shopify, le filtre Liquid product.url | within: collection génère des liens internes vers des URL du type /collections/x/products/y, canonicalisées vers /products/y. Résultat : tes liens internes pointent vers une URL non canonique. Le thème Dawn n’utilise pas ce filtre par défaut dans ses cartes produits, mais d’anciens thèmes ou des thèmes tiers le font encore. Vérifie que tes liens internes utilisent product.url seul, sans le filtre within.
Programmer un audit de maillage après chaque refonte
Un maillage interne ne se fige jamais une bonne fois pour toutes. Chaque nouvelle collection, chaque produit retiré, chaque refonte de menu redistribue les clics et les liens entrants sur l’ensemble du catalogue. Programmer un audit Screaming Frog après une campagne d’ajout de produits ou une refonte de navigation évite qu’un maillage bien construit se dégrade en silence pendant plusieurs mois. Sur un catalogue de plusieurs centaines de références, cette vérification prend quelques heures et coûte largement moins cher qu’une fiche produit qui perd son trafic sans que personne ne s’en aperçoive.


